Tours : appel à soutien















Tours "Studio" 

L'avenir du cinéma d'art et essai





Sous le parrainage de Bertrand Tavernier, les “Studio" à Tours, établissement cinématographique indépendant et associatif comptant parmi les plus importants en France, ont fêté leurs 50 ans en mars dernier.

Une occasion d'afficher la fierté de militer pour une culture accessible à tous, d'affirmer et de renforcer les liens qui les unissent avec le public (les "Studio" comptent aujourd'hui 25.000 adhérents), de valoriser auprès de tous l'image du cinéma d'art et essai.

Aujourd'hui s'annonce sur Tours l'arrivée d'un nouveau multiplexe dans le cadre de l'aménagement commercial de Tours Nord. Malgré les promesses du Maire Jean Germain, rien, au vu des pratiques de la profession, ne garantit pour le cinéma  "Studio" que soit préservé son accès à la cinquantaine de  films porteurs "art et essai" dont il a besoin pour équilibrer financièrement  et ainsi continuer à programmer les 300 films par an qui n'intéressent pas le marché mais constituent toute la diversité artistique du cinéma. Ces 300 films représentent un peu plus de 200 films inédits, le reste étant constitué de reprises.

Même du point de vue du marché, c'est une aberration que de ne pas se préoccuper de leur permettre de survivre. Parmi les 300 films, beaucoup sont réalisés par des inconnus susceptibles de connaître le succès au bout de plusieurs années et plusieurs films. Par exemple, si un cinéaste comme Xavier Beauvois n'avait pas trouvé sur son chemin, année après année, film après film, des salles comme les Studio de Tours, il n'aurait pas pu réaliser Des hommes et de dieux et ainsi accéder à la notoriété et au succès commercial…

Or, partout en France, des cinémas semblables aux "Studio" connaissent les mêmes menaces. Avec un nombre significatif de projets de multiplexes partout sur le territoire, sans que soit trouvée une manière de garantir un partage raisonné et raisonnable des films dits "porteurs", c'est l'avenir de ces salles art et essai, et, partant de centaines de films par an, qui est en cause en ce moment.



Photo : 3D © Lucas Oyos, DR

Tours Pétition : Quel cinéma pour défendre la diversité culturelle ?

L'implantation d'un multiplexe à Tours-Nord et la concurrence qui en résultera auront un effet dévastateur sur l'offre de films des cinémas Studio. Cet exploitant supplémentaire sera amené à prendre des films Art et Essai porteurs à fort potentiel commercial. C'est grâce à ces films que les cinémas indépendants classés Art et Essai comme les Studio maintiennent leur équilibre financier et proposent des films moins médiatisés, plus rares.
Tours

Quel cinéma pour défendre la diversité culturelle ?

Appel à soutien >> 

Les cinémas Studio défendent leur indépendance et la diversité culturelle, le groupe CGR combat pour protéger ses intérêts financiers. Nous ne sommes donc ni amis, ni ennemis. Nous ne nous considérons même pas comme son concurrent.
Nous maintenons notre ambition de satisfaire ou de susciter une curiosité du public à l'égard d'autres cultures, d'autres cinématographies plus rares faites de fictions mais aussi de courts métrages ou de documentaires.





Nous vous appelons tous, spectateurs, amis, abonnés des STUDIO à manifester votre soutien :


• en faisant connaître votre attachement aux cinémas STUDIO autour de vous, 

• en y venant encore plus assidûment, 

• en signant cet appel à soutien aux cinémas STUDIO pour qu'ils poursuivent leur travail et leur action en toute indépendance.

Merci

Les cinémas Studio
2 rue des ursulines
37000 TOURS




Votre adresse de courriel ne sera jamais affichée publiquement, 

ni divulguée à qui que ce soit 
Dans le domaine de l'art et essai les films qui font le plus d'entrées, dits "films porteurs", sont considérés comme des parts de marché à conquérir par les grands circuits d'exploitation qui cherchent toujours plus de croissance économique et de rentabilité.
Parmi les 455 films que programment annuellement les Studio, une vingtaine d'entre eux assurent à eux seuls plus du tiers des recettes. Cela permet de mettre en œuvre la diversité de la programmation, les manifestations culturelles et toutes les activités liées à l'éducation à l'image.

Les grands groupes font pression sur les distributeurs pour être les seuls à diffuser ces films porteurs en sortie nationale. Ils tarissent ainsi l'approvisionnement en films des salles art et essai et indépendantes. A Tours, avec une trentaine d'écrans face au Studio, Ciné Alpes comme CGR montrent leur intention de s'accaparer un territoire cinématographique qu'ils estimaient peu rentable jusqu'ici et qu'ils délaissaient : celui des films peu médiatisés. Cette "offre supplémentaire", purement tactique, n'existera que le temps de nous faire disparaître. Ensuite c'est l'appauvrissement de l'offre et de la diversité qui se profile dans l'agglomération de Tours.

En fêtant en mars prochain nos cinquante ans d'expérience et d'indépendance, nous affirmons notre volonté de pérenniser notre place dans le paysage culturel de l'agglomération tourangelle. Paysage que nous contribuons à enrichir par nos manifestations et nos partenariats avec les réseaux associatifs et culturels de la cité et qui, sans peser sur ses finances publiques, profitent grandement au rayonnement et à l'image de la ville de Tours.

Par exemple nous développons avec Ciné-Off l'idée d'un projet d'un pôle culturel de l'image ambitieux (voir ici >>).

Les Studio ne travaillant pas dans le même domaine que les grands groupes d'exploitants, les enjeux, s'ils sont aussi commerciaux, sont principalement culturels et politiques.

Sauvons l'audiovisuel en Franche-Comté

Sauvons le cinéma 
et l'audiovisuel 
en Franche-Comté 


Nous demandons à la Région de revenir sur son vote afin que puisse continuer à vivre la création cinématographique et audiovisuelle en Franche-Comté et que ces projets ne fassent pas partie des derniers films tournés ou produits sur le territoire.



De haut en bas (photos © DR) :
Défense d'afficher  • Comme un lion • Louise Wimmer











Après plusieurs années d'incohérence politique à l'égard du secteur du cinéma et de l'audiovisuel, la Région Franche-Comté a voté le 14 décembre 2012 la suppression pure et simple du fonds d'aide à la production, sans aucune concertation avec les professionnels de la branche.

Cette décision aura un impact catastrophique pour la création cinématographique et audiovisuelle de la région : raréfaction des tournages et donc de l'activité économique générée par ces derniers (embauche de techniciens en région, retombées économiques sur les lieux de restauration et d'hébergement), diminution drastique des projets en lien avec la région faute de financement, exil ou reconversion des techniciens, auteurs et producteurs de Franche-Comté.

Aucune action d'accompagnement, aucun dispositif de soutien ne vient palier à cette suppression. En somme, la Région Franche-Comté abandonne à leur sort, sans la moindre explication, les structures de production régionales et les techniciens, comédiens, auteurs et réalisateurs qui dépendent de près ou de loin du fonds d'aide.

Cette décision intervient alors même que sort en salles le dernier film tant attendu du réalisateur franc-comtois Samuel Collardey, "Comme un lion", aidé à hauteur de 140.000 € en 2010, et que vient d'être primé le webdocumentaire "Défense d'afficher" au festival Visa pour l’image de Perpignan (prix France 24 - RFI), projet produit par la société franc-comtoise La Maison du Directeur et aidé en 2011 à hauteur de 22.000 €. Autre prix prestigieux, il y a quelques jours, le prix Louis-Delluc 2012 du meilleur premier film français a été attribué au film Louise Wimmer de Cyril Mennegun.







Les acteurs sont-ils trop payés ?


Photos © DR






Les acteurs français sont trop payés !

LE MONDE | 28.12.2012 à 15h45 • Mis à jour le 28.12.2012 à 20h37

Par Vincent Maraval, distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch


"L'année du cinéma français est un désastre. Pendant que Gérard Depardieu fait l'actualité et que les ministres rivalisent d'esprit pour en faire le scandale du moment et dénoncer son exil fiscal à 2 kilomètres de la frontière d'un pays dont il ne se sent "plus faire partie", personne ne parle du cinéma français. Or tous les films français de 2012 dits importants se sont "plantés", perdant des millions d'euros : Les Seigneurs, Astérix, Pamela Rose, Le Marsupilami, Stars 80, Bowling, Populaire, La vérité si je mens 3, etc.

Pas un film, sauf peut-être Le Prénom, pour gommer ce que toute la profession sait pertinemment, mais tente de garder secret : le cinéma français repose sur une économie de plus en plus subventionnée. Même ses plus gros succès commerciaux perdent de l'argent […]










Les acteurs français sont trop payés ? C'est un peu plus compliqué que ça...

Cinécure, le blog d'Aurélien Ferenczi • Télérama.fr
Le 31/12/2012 à 00h00 - Mis à jour le 02/01/2013 à 15h02


« Les acteurs français sont trop payés ! » Depuis sa publication en « une » du Monde, vendredi 28 décembre, le pamphlet du producteur-distributeur-exportateur Vincent Maraval au titre percutant agite le milieu du cinéma, suscite des réponses d’observateurs (ici, la contribution de Jean-Michel Frodon) ou de professionnels (là,le plaidoyer du réalisateur et comédien Sam Karmann). Que dit ce texte ? Que la hausse du salaire des acteurs est inversement proportionnelle à la rentabilité des films dans lesquels ils tournent, et qu’elle est le fruit contestable d’un système de subventions. Depardieu, à ses yeux, est moins coupable que le système qui génère ses cachets – sur ce point précis, on veut bien le croire…





Réponse de Sam Karmann à l’article de Vincent Maraval sur les salaires des acteurs français
Info le Mague 
Le 29/12/2012 


[…]  Pour finir, je pense que si votre analyse est pertinente, le titre de cet article est si maladroit qu’il va une fois de plus conforter l’idée fausse que les acteurs sont des nantis et mettre en péril le statut si fragile mais si indispensable des intermittents perçus comme des enfants gâtés. Ne cassons pas ce système extraordinaire qu’est l’intermittence, la redistribution du CNC et l’obligation des diffuseurs de financer le cinéma.






De la fortune des vedettes en particulier et des perversions d’un bon système en général

Projection publique, le blog de Jean-Michel Frodon
Le 29/12/2012 à 11h032

[…] il n’y a pas que les acteurs. Lisez bien la phrase qui suit, elle contient une révélation bouleversante. Lorsqu’un film coûte 30 millions d’euros, cela veut dire que des gens ont touché ces 30 millions. Qui ? Pour l’essentiel, les professionnels du cinéma. Les acteurs gagnent la plus grosse cagnotte, dans des conditions et selon des mécanismes qu’explique très bien Maraval. Mais les producteurs, les réalisateurs, les chefs de postes techniques aussi. Pourquoi ? Parce que l’essentiel de la stratégie des pouvoirs publics depuis le milieu des années 90 (remplacement de Dominique Wallon par Marc Tessier, d’un militant culturel par un gestionnaire d’entreprise, à la tête du CNC en 1995), a fait de l’augmentation des financements son objectif central. A nouveau : pourquoi ? Parce que le nécessaire équilibre de pouvoir entre professionnels et politiques a été rompus au profit des premiers. Avec succès, il faut le reconnaître, au sens où de fait les investissements dans la production de films français n’a cessé d’augmenter, grâce encore une fois à des dispositifs réglementaires toujours plus nombreux, récemment la taxation des Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI), et pas grâce à des ponctions sur le budget de l’Etat.

Une des pires conséquences de ce phénomène aura été l’explosion du nombre de films, qui a plus que doublé en 15 ans. Car une autre manière de gagner de l’argent, outre de se faire payer des cachets de plus en plus élevés, est de multiplier les productions. Ce sont quelques 100 films en plus, films inutiles, fictions qui auraient mieux fait de se diriger d’emblée vers la télévision, qui sont venus engorger la machine, et d’abord les écrans. Aujourd’hui, c’est pour faire encore plus de place à ces mêmes produits que Les nouveaux détracteurs de la "chronologie des medias" veulent exclure de la salle les films les plus ambitieux mais rarement les mieux exposés, en les reléguant d’emblée sur Internet – autant dire, en les assassinant sans bruit.









Et aussi…
(quelques exemples, pour le reste, c'est ici-fr et là-en)


Archives




Le Top 10 des films 
les plus rentables en 2012

1 
Les Kaïra
budget : 4 M €
entrées : 1 million
(209% de rendement)

2
Adieu Berthe 
ou l'enterrement de mémé
(162% de rendement)
budget : 3,43 M €
entrées : 665.000


3
le Prénom
budget : 11,03 M €
entrées : 3,3 millions
(156% de rendement)

4
Kirikou 
et les hommes et les femmes
budget : 6,92 M €
entrées : 1,1 million
(128% de rendement)

5
Et si on vivait 
tous ensemble ?
budget : 3,73 M €
entrées : 520.000
(116% de rendement)

6
Camille redouble
budget : 6,69 M €
entrées : 872.000
 (109% de rendement)


7
le Fils de l'autre 
budget : 2,67 M €
entrées : 251.000
(103% de rendement)


8  
les Infidèles 
budget : 12,01 M €
entrées : 2,3 millions
(100% de rendement)

9  
Du vent 
dans mes mollets 
budget : 5,23 M €
entrées : 615.000
(98% de rendement)

10 
Mince alors ! 
budget : 7,51 M €
entrées : 1,4 million
(97% de rendement)


Les coûts de production des films en 2011 • CNC
27/03/2012
films d’initiative française ayant reçu l’agrément de production en 2011
télécharger le document (1229 Ko) 
2012 | production | cinéma



Palmarès des acteurs français, les dessous du Jackpot • lefigaro.fr
02/04/2012


Les 20 acteurs français les mieux payés du cinéma • reviewdepresse.com
03/04/2012

**
Actu
Les acteurs français sont-ils "trop payés"? • bfmtv / economie
29/12/2012

Après lecture du texte de Vincent Maraval dans Le Monde • Serge Toubiana, blog.cinematheque
30/12/2012


Cinéma français : la flambée des prises • next.liberation.fr
30/12/2012


Vincent Maraval, empêcheur de tourner sans ronds • next.liberation.fr
30/12/2012

Les acteurs français "trop" payés ?  • lexpress.fr
31/12/2012

Acteurs trop payés : Toubiana relance la polémique • next.liberation.fr
31/12/2012


Polémique de la semaine : Les acteurs français trop payés ? Des avis partagés • people.voila.fr
02/01/2013 (mots clés : argent, cinéma, people france, scandale)

Les acteurs français sont trop payés ? Plafonnons leurs cachets... comme à l’opéra • leplus.nouvelobs.com 03/01/2012

Eric Garandeau (président du CNC) répond à Vincent Maraval • cineobs
03/01/2012


Cinéma français, le grand déballage • lefigaro.fr
03/01/2012

Non, Vincent Maraval, je ne suis ni un parvenu, ni un assisté du cinéma (par Philippe Lioret) • lemonde.fr
04/01/2012

Aurélie Filippetti : "Les gros salaires dans le cinéma, ça se règle par la fiscalité" • lemonde.fr
05/01/2012

"Payons les acteurs en fonction du budget" (par Marc Missonnier) • lemonde.fr
05/01/2012

Dany Boon dévoile "son vrai salaire" • lemonde.fr
06/01/2012

Avant d'êre une promesse de cinéma, le cinéma du milieu est d'abord un rêve de notables, par Thierry Lounas • newsring.fr
07/01/2012


Les dix films les plus rentables en 2012 sont… • newsring.fr
07/01/2012

Pourquoi le cinéma s'agite • mediapart.fr
10/01/2012 un entretien avec Olivier Alexandre, sociologue du cinéma


Au fait, comment on finance un film ? • rue89.fr
12/01/2012
















Pourquoi le cinéma s'agite


 
En haut : Depardieu © Satchel Philibert

En bas : through-a-glass-drunkenly © reason.com 



Pourquoi le cinéma s'agite

MEDIAPART | 10.01.2013
Propos d'Olivier Alexandre, sociologue, recueillis par Joseph Confavreux



Le cinéma français est vent debout après la tribune, publiée dans Le Monde, du distributeur et producteur Vincent Maraval, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch. Un texte qui, en substance, accuse les acteurs français d‘être trop payés dans leur ensemble – grâce à de l’argent public –, alors que la rentabilité des films se limiterait à leurs résultats en salle. Depuis Dany Boon, Philippe Lioret, Jean-Michel Frodon, Michel Toubiana, Jérôme Clément, Eric Garandeau, président du CNC (Centre national du cinéma)... lui ont répondu.

Mais, en amont de la polémique, il y a une question posée au cinéma français sur son mode de financement, aussi complexe qu’original. Il a permis, pendant longtemps, de maintenir une cinématographie riche, alors que des pans entiers du cinéma européen s’effondraient ou se métamorphosaient. Mais s’il est défendable d’un point de vue politique et culturel, certains le jugent à bout de souffle d’un point de vue économique, en regard des évolutions industrielles et technologiques. 




Olivier Alexandre est sociologue. Il vient de soutenir une thèse à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) sur le cinéma français de 1981 à nos jours. Il enseigne à l’Université d’Avignon et décrypte pour Mediapart les enjeux du système de financement sur lequel est construit le cinéma français.






(Humeurs)
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